Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, ce qu’on évite nous affaiblis. L’abus d’hygiène nous prive des anticorps que l’organisme doit produire tant qu’il est encore jeune et résistant ; nous prive des symbiotes (souvent et à tort appelés parasites) avec lesquels l’homme a toujours vécu ; nous prive de l’équilibre naturel qui fait la santé. La conséquence : maladies auto-immunes, fragilité de plus en plus grande aux infections, dérèglements divers de l’organisme, etc… Le taux de mortalité évolue d’une manière inversément proportionnelle au taux de maladies, on s’évertue à maintenir en vie des humains de plus en plus faibles.
La santé va-elle devenir la première préoccupation d’une espèce capable de sur-satisfaire ses besoins matériels ? Ça ne m’étonnerait pas vu la direction que prennent les choses, sous l’impulsion d’une industrie pharmaceutique sans scrupules. Parce-qu’ils ont bien compris la confiance aveugle qu’on a en notre technologie, en ces apprentis sorciers qui produisent des substances de plus en plus abstraites pour influencer le fonctionnement d’un organisme qu’on ne pourra jamais entièrement comprendre.
Et toute cette abstraction est indispensable pour une société qui doit produire, progresser, rentabiliser toujours plus ; c’est la manière de fonctionner des pays industrialisés. On utilise la plupart de notre énergie à compenser un déséquilibre par rapport à l’ordre naturel, et ça n’en va que de mal en pis. C’est la fuite en avant vers toujours plus de complexité du singe tombé de son arbre. Un cercle vicieux qui nous fait perdre contact avec le bon sens tout simple.
Pour en revenir aux torts de l’industrie et du lobby pharmaceutique on pourrait parler des médecines traditionnelles qu’ils ont récupérés à leur compte avant de les breveter ; des solutions naturelles qu’ils passent sous silence lorsque celles-ci font concurrence à leurs produits chimiques ; de l’opprobre à laquelle ils vouent tout ce qui pourrait nuire à leur profit, en particulier certaines recherches scientifiques. Ils sont d’ailleurs responsables, en partie au moins, de l’absence d’études sur le potentiel médical du cannabis jusqu’à très récemment. Il peut pourtant déjà de soulager des schizophrénie, des anorexies, des épilepsies, des nausées (typiquement celles des chimiothérapies), certaines douleurs chroniques, etc… Les recherches, qui n’en sont qu’à leurs balbutiements, laissent déjà imaginer d’en tirer des médicaments pour Alzheimer et certains cancers.
J’ai en tête l’exemple du rémicade qui semble très à la mode et que beaucoup de médecins conseillent pour les arthrites, les psoriasis et les crohns. Pourtant cette substance n’est pas encore totalement approuvée, provoque des effets secondaires qui étonnent parfois les médecins et coûte dans les 2000€ les 500ml… Malgré ça on ne se prive pas d’en prescrire comme un remède miracle, le lobby a bien fait son travail sur ce coup là ; tant pis pour les patients-cobbayes et la mutuelle, ça fait fonctionner l’industrie…
Bon, mon expérience pour illustrer à quel point ça craint : je me fais chier avec un crohn depuis longtemps, maladie liée à une suractivité du système immunitaire, elle-même probablement provoquée par un dérèglement de la flore intestinale (qu’on pourrait appeler faune intestinale d’ailleurs). D’après une étude qui a été étouffée (par les lobbys du rémicade, peut-être), un simple symbiote, le trichuris suis, devenu rare dans les pays industrialisés à force d’aseptisation, peut rétablir l’équilibre du système immunitaire et règle le problème tout simplement. L’expérience, bien que réalisée à toute petite échelle en Suisse, était concluante et sans effets secondaires.
Mais comme la loi du marché domine c’est au rémicade que j’ai droit tous les 2 mois (chaque fois -2000€ sur le compte de la mutuelle…) et, après quelques injections, j’ai eu l’agréable surprise d’avoir les mains niquées par un psoriasis. Une autre saloperie auto-immunitaire dont on ne peut pas espérer guérir, seulement se soigner toute sa vie avec une crème à la con, grasse et qui tache… Bref, comme beaucoup d’autres surement, je me suis fait mettre par l’industrie pharmaceutique qui se contrefout de la santé des gens et fait passer ses traitements lourds grâce à un système d’influence probablement hyper-solide.
Ah ça tout fout le camp, comme je vous le dit ma bonne dame.
